30/06/2009

Les conséquences personnelles d’une défaite

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(Reconstitution de la bataille de Waterloo, 21 juin 2009)

Chronologie d’un empereur déchu

I. DE LA BATAILLE DE WATERLOO AU DÉPART POUR SAINTE-HÉLÈNE (18 juin 1815 – 9 août 1815)

18 juin 1815 : Défaite de Napoléon à Waterloo.

22 juin 1815 : De retour à Paris depuis la veille, Napoléon abdique en faveur de son fils Napoléon II.

24 juin 1815 : Le maréchal Davout, ministre de la guerre, invite avec insistance Napoléon à quitter Paris. On lui suggère bientôt de se réfugier aux États-Unis.

29 juin 1815 : Départ de Malmaison.

2 juillet 1815 : Napoléon arrive à la préfecture de Niort d’où il apprend que la flotte anglaise croise au large.

8 juillet 1815 : Après une attente des sauf-conduits promis par le gouvernement français, il embarque pour l’île d’Aix depuis Fouras. Le même jour, le roi Louis XVIII est de retour à Paris.

9 juillet 1815 : Napoléon découvre que tout retour sur le continent lui est interdit.

14 juillet 1815 : Bloqué sur l’île d’Aix par laquelle il comptait quitter la France, Napoléon décide de se mettre « sous la protection des lois britanniques » après avoir reçu des propos rassurants du capitaine Maitland commandant le HMS Bellerophon.

16 juillet – 24 juillet 1815 : Traversée à bord du HMS Bellerophon.

Napoleon on board the Bellerophon de William Quiller Orchardson.
(William Quiller ORCHARDSON, « Napoleon on board the Bellerophon »)

Du 24 juillet au 6 août 1815 : Napoléon, se voyant refuser de débarquer sur le sol anglais, reste à bord du Bellerophon d’où il apprend, le 31 juillet, la décision du gouvernement britannique de l’exiler à Sainte-Hélène. Il choisit les hommes qui vont l’accompagner (les généraux Bertrand, Montholon et leurs familles, le général Gourgaux ainsi que le comte de Las Cases et son fils, le docteur O’Meara et des domestiques).

7 août 1815 : Transfert à bord du HMS Northumberland commandé par George Cockburn, brillant amiral qui avait pris la ville de Washington en 1813.

 

II. VOYAGE ET PREMIERS MOIS A SAINTE-HÉLÈNE (9 août 1815 – 10 décembre 1815)

9 août 1815 – 15 octobre 1815 : Voyage vers Sainte-Hélène. Escale à Madère où les passagers ne sont pas autorisés à descendre.

16 octobre 1815 : L’amiral Cockburn remplace le colonel Wilks en tant que gouverneur de l’île de Sainte-Hélène.

17 octobre 1815 : A la tombée du jour, Napoléon débarque à Sainte-Hélène et loge à Porteous House, à Jamestown, où le duc de Wellington était également descendu lors de son retour des Indes. Le lendemain, il visite le site de Longwood que l’amiral Cockburn avait choisi dès son arrivée pour le loger. Sur le chemin du retour, l’empereur déchu aperçoit le pavillon des Briars et émet le souhait d’y loger jusqu’à ce que Longwood House soit mise en état.

18 octobre – 10 décembre 1815 : Séjour au pavillon des Briars. Ce furent les meilleurs moments que Napoléon passa à Sainte-Hélène. Il commence à travailler à ses mémoires et se lie d’amitié avec la famille Balcombe, voisine et propriétaire des lieux, en particulier avec leur fille Betsy. Le général Gourgaud installe une tente à proximité pour être plus proche de son idole.

 

III. LONGWOOD (10 décembre 1815 – 5 mai 1821)

Napoléon achève sa vie à Longwood House, une maison bâtie sur un plateau dénudé et battu par les vents des hauteurs de l’île. Cette phase finale de son existence est ponctuée par la dictée de ses mémoires, par des périodes de dépression et par les conflits avec le gouverneur Hudson Lowe. Nommé spécialement pour l’occasion, celui-ci entend bien rester inflexible pour éviter tout risque d’évasion. La maison de Longwood est également peuplée par les compagnons d’exil de Napoléon sauf la famille Bertrand qui vit à proximité. Au fur et à mesure de son séjour, l’état de santé du prisonnier de l’Europe décline progressivement avec des phases d’amélioration et des phases de rechutes.

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(Zéphirin BELLIARD, « Napoléon dictant ses mémoires au général Gourgaud »)

14 avril 1816 : Arrivée à Jamestown de Sir Hudson Lowe, nouveau gouverneur de l’île, et de son état-major.

17 avril 1816 – 18 août 1816 : Six et uniques entrevues, souvent tendues, entre Napoléon et Hudson Lowe. Les violents reproches du premier à l’égard du second mènent à la rupture. Lowe limitera les mouvements de son « prisonnier » et exigera de lui qu’il réduise ses dépenses personnelles. Napoléon pouvait circuler librement dans ses jardins, mais n’était pas autoriser de quitter les limites de Longwood sans être accompagné par un officier britannique.

6 mai 1816 : Des matériaux sont acheminés pour construire une nouvelle résidence pour Napoléon.

30 décembre 1816 : Las Cases et son fils sont expulsés de l’île après avoir été incarcérés pour cause de correspondance clandestine.

5 octobre 1817 : Napoléon est souffrant. Le docteur O’Meara diagnostique une hépatite.

12 décembre 1817 : Tensions entre Gourgaud, dont Napoléon souhaite le départ, et Montholon. Le premier provoque le second en duel, mais l’empereur exilé l’en défend.

14 mars 1818 : Gourgaud quitte Sainte-Hélène suivit quatre jours plus tard par la famille Balcombe.

2 août 1818 : Après avoir dénoncé des conditions de détention incompatibles avec l’état de santé de Napoléon, le docteur O’Meara est rapatrié en Angleterre. Il sera brièvement remplacé par un médecin militaire, le docteur Stokoe, puis par le docteur Antommarchi, d’origine corse.

2 octobre 1818 : Début de la construction de la nouvelle maison destinée à « l’ogre ». Elle sera baptisée « Longwood New House ».

16 janvier 1819 : Napoléon visite la nouvelle maison. Scandalisé par la grille qui l’entoure, il refuse de déménager dans une « prison ». Trouvant toujours quelque chose à lui reprocher, il prétendra par la suite que sa disposition est inadéquate.

2 juillet 1819 : Départ d’Albine de Montholon, et de ses trois enfants, sous prétexte de raisons de santé. Elle sera suivie peu de temps après par le lieutenant Jackson de l’état-major d’Hudson Lowe, qu’elle retrouvera à Bruxelles.

20 juillet 1819 : Napoléon entreprend des travaux d’aménagements des jardins de Longwood.

1er janvier 1820 : Hudson Lowe décide de faire élargir les limites de libre circulation autour de Longwood.

4 octobre 1820 : Dernière sortie de Napoléon en dehors des environs immédiats de sa résidence. Il se rend à cheval à Mount Pleasant.

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(Oscar REX, « C’est fini »)

21 novembre : Napoléon déclare que seule la force le ferait déménager à Longwood New House. Il n'y habitera jamais.

22 mars 1821 : Aggravation de son état de santé. Cinq jours plus tard, il envisage la fin.

12 avril – 24 avril 1821 : Très affaibli, il met sur papier ses dispositions testamentaires avec l’aide de Montholon.

29 avril 1821 : Napoléon commence à délirer.

3 mai 1821 : Trois médecins anglais lui font ingurgiter du calomel pour vaincre sa constipation. Les effets sont désastreux.

5 mai 1821 : Napoléon s’éteint en fin d’après-midi entouré par ses compagnons d’exil. Contrairement aux nombreuses légendes que l’on raconte à ce sujet, il n’a pas été empoisonné. La cause de sa mort est très probablement due à un cancer et surtout à une perforation de l’estomac. Selon Chantal Bismuth, professeur de toxicologie à l'Hôpital Lariboisière à Paris, Napoléon constituait au moment de sa mort un véritable « musée pathologique ».

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(Charles Auguste DE STEUBEN, « Mort de Napoléon »)

 

IV. SUITES IMMÉDIATES DU DÉCÈS

6 mai 1821 : Après l’autopsie réalisée par Antommarchi, les officiers britanniques et la population de l’île défilent devant la dépouille de Napoléon.

9 mai 1821 : Descente en cortège vers Sane Valley où il est inhumé, les Anglais refusant que son corps quitte Sainte-Hélène.

14 mai 1821 : Les compagnons d’exil de Napoléon se partagent les manuscrits, livres, argent liquide et autres effets de l’empereur défunt.

26 mai 1821 : Les compagnons d’exil embarquent sur le Camel qui largue les amarres le lendemain.

25 juillet 1821 : Hudson Lowe quitte Sainte-Hélène. 

 

V. SUITES LOINTAINES DU DÉCÈS

7 juillet 1840 : Suite à l’accord de Lord Palmerston et à la demande de son père, le roi Louis-Philippe, le prince de Joinville quitte Toulon pour Sainte-Hélène à bord de la Belle Poule afin de ramener la dépouille de Napoléon. Prendront notamment part au voyage les généraux Bertrand, Gourgaux et le fils Las Cases.

15 octobre 1840 : Sept jours après l’arrivée de la Belle Poule a lieu l’exhumation en présence des compagnons de Napoléon.

15 décembre 1840 : A Paris, des milliers de vétérans et de curieux assistent au cortège funèbre de Napoléon. Celui-ci démarre de l’Arc de Triomphe et rejoint les Invalides via la Place de la Concorde.

7 mai 1858 : Le Conseil privé de la reine Victoria ratifie la vente de Longwood Old House et de la Vallée de la Tombe à la France de Napoléon III.

30 juin 1858 : Arrivée du premier conservateur des Domaines français de Sainte-Hélène sur les lieux de son affectation.

15 décembre 1940 : Adolf Hitler transfère la dépouille de Napoléon II de Vienne aux Invalides ce qui n’émeut personne.

1949 : Longwood New House est rasée.

Mai 1959 : Le pavillon des Briars est cédé à la France par Dame Mabel Brookes descendante de William Balcombe.

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(Henri-Félix-Emmanuel PHILIPPOTEAUX, « Arrivée des cendres de Napoléon Ier à Courbevoie, le 14 décembre 1840, à 4 heures du soir »)

Références : MACÉ, J., Dictionnaire historique de Sainte-Hélène, Paris, 2004 ; CHEVALLIER, B., DANCOISNE-MARTINEAU, M., LENTZ, Th., Sainte-Hélène, Île de Mémoire, Paris, 2005.

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14/06/2009

Un guide pour visiter Sainte-Hélène

coverimage-157422_bradt_sthelena_jkt[1].jpgGuide Bradt : St Helena, Ascension, Tristan da Cunha

Il existe un guide touristique en anglais au sujet de Sainte-Hélène et de ses dépendances - Ascension et Tristan da Cunha - réalisé par Sue Steiner et remis à jour par Robin Liston, que j’ai eu l’honneur de rencontrer et d’informer. Très complet, il cerne l’essentiel de ce qu’un voyageur doit savoir pour se rendre dans ces îles.

Sue Steiner, Robin Liston, St Helena, Ascension, Tristan da Cunha, the Bradt Travel Guide, September 2007, 208 p. 

21:30 Écrit par St dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livres |  Facebook |