01/12/2009

John Dutton lance la colonisation anglaise de Sainte-Hélène

SH (108)

Les Anglais prennent possession de l’île de Sainte-Hélène

Dans le courant de l’année 1657, Oliver Cromwell commence à s’intéresser à l’île de Run dans les Moluques. La région faisait l’objet de rivalités entre Anglais et Hollandais depuis 1616. Voyant dans son occupation un moyen de briser le monopole hollandais sur le commerce des épices, Cromwell décide d’accorder à la Compagnie des Indes Orientales une charte lui permettant de contrôler des territoires et d’y construire des fortifications.

En octobre 1658, le capitaine John Dutton, qui avait servi précédemment la VOC (Vereenigde Oost-Indische Compagnie) et dont l’épouse est une Hollandaise originaire de Batavia est nommé gouverneur de Run. Par crainte de provoquer un nouveau conflit, l’expédition est néanmoins postposée. La Compagnie des Indes Orientales préfère envoyer dans un premier temps Dutton à Sainte-Hélène, qu’une charte octroyée par Richard Cromwell à ladite Compagnie autorisait à gouverner. Il doit en prendre possession, la fortifier et y établir des plantations afin d’en faire une base arrière pour le développement du commerce oriental. Le chef de l’expédition a pour ordre de rester à Sainte-Hélène jusqu’à ce qu’il y ait fondé une colonie après quoi il doit être envoyé à l’île de Run.

Dutton, qui quitte l’Angleterre à bord du Marmaduke en février 1659, doit faire escale au Cap-Vert pour acheter diverses « plantes, racines et herbes », mais aussi cinq ou six esclaves africains. Il débarque à Sainte-Hélène, le 5 mai de la même année, dans un lieu nommé Chapel Valley – ainsi nommé en raison de la chapelle qui y avaient été édifiée par les Portugais – et en devient le premier gouverneur. Autour du fort de forme triangulaire qu’il construit, se forme une petite bourgade qui deviendra Jamestown.

Deux ans plus tard, Dutton quitte l’île pour les Moluques. Quand il arrive à destination, il comprend que Run est occupée par les Hollandais qui n’ont nullement l’intention de se rendre. Après quelques escarmouches, les Anglais abandonnent la partie. Repris plus tard, les lieux seront échangés avec Manhattan à l’occasion du traité de Breda (1667).

A Sainte-Hélène, par où repasse Dutton sur le chemin du retour, la petite colonie anglaise s’est bien implantée. Dès le début de l’année 1659, soit avant sa première arrivée, chaque navire de la Compagnie revenant d’Orient devait y débarquer une tonne de riz pour l’approvisionner. Robert Stringer, qui avait succédé à Dutton après son départ, découpe l’île en cinquante parcelles : il s’en réserve cinq, quinze sont octroyées à la Compagnie et le reste est distribué aux colons qui ne sont alors que trente. Ceux-ci doivent travailler à la construction du fort et servir de sentinelles.

L’île se peuplera progressivement avec l’arrivée de colons dont bon nombre quittèrent l’Angleterre après le grand incendie de Londres de 1666. 

Références : DANCOISNE-MARTINEAU, M., « Sainte-Hélène, un aperçu historique » dans CHEVALLIER, B., DANCOISNE-MARTINEAU, M., LENTZ, Th., Sainte-Hélène, Île de Mémoire, Paris, 2005, pp. 21-22 ; GOSSE, Ph. St. Helena 1502-1938, London, 1938, pp. 44-52 ; ROYLE, S., The Company’s Island : St Helena, company colonies and the colonial endeavour, London, 2007, pp. 17-19, 23-24 ; GILL, R., TEALE, P., St Helena 500, A Chronological History of the Island, s.l., 1999, pp. 68-76.

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