14/05/2010

Invasion et recolonisation

STHELENAMALLET[1] - Copie - Copie.jpgLa refondation de la colonie (1673)

Dans les années 1670, les Hollandais regrettent amèrement de ne s’être jamais établis durablement à Sainte-Hélène, brièvement occupée dans les années 1630 et 1640. Les lieux auraient pu en effet constituer pour eux une étape précieuse sur le chemin du Cap de Bonne Espérance, dont la colonisation avait été inaugurée en 1657 par Jan Van Riebeeck au nom de la VOC (Vereenigde Oost-Indische Compagnie). Après avoir recherché en vain une autre terre qui aurait pu leur convenir, ils se tournent de nouveau résolument vers l’île perdue. 

Au début de l’année 1673, après une première tentative échouée, quelques centaines de Hollandais envahissent Sainte-Hélène. Ils ont vite raison de la petite colonie. Le gouverneur et la plupart des habitants parviennent à l’évacuer. Leurs ennemis renforcent les fortifications.

Mais cinq mois plus tard, le capitaine Richard Munden réagit. Il débarque deux cents hommes au nord-est dans un lieu baptisé Prosperous Bay, puis contourne l’île pour menacer Jamestown. Les Hollandais, trop peu nombreux cette fois, capitulent. Le pavillon anglais est de nouveau hissé le 15 mai 1673.

Six mois plus tard, une charte du roi Charles II réattribue l’île à la Compagnie des Indes Orientales. Elle établit son mode de gouvernement, insiste sur l’importance stratégique des lieux ainsi que sur son rôle de forteresse et entend corriger les erreurs qui ont provoqué brièvement sa perte. La charte de 1673 est donc à comprendre comme le texte fondateur de la colonie retrouvée.

La plupart des habitants ayant quitté l’île lors de l’occupation hollandaise, Sainte-Hélène doit être repeuplée. C’est chose faite avec l’arrivée, la même année, des 119 premiers immigrants, planteurs pour la plupart. Cinquante ans plus tard, en 1722, la colonie compte près de mille habitants : il s’agit essentiellement des soldats de la garnison, de planteurs et d’une minorité d’esclaves.

Références : DANCOISNE-MARTINEAU, M., « Sainte-Hélène, un aperçu historique » dans CHEVALLIER, B., DANCOISNE-MARTINEAU, M., LENTZ, Th., Sainte-Hélène, Île de Mémoire, Paris, 2005, p. 22 ; ROYLE, S., The Company’s Island : St Helena, company colonies and the colonial endeavour, London, 2007, pp. 47-55, 146-154 et 177.

(Illustration: Sainte-Hélène, Mallet, 1683)