04/02/2011

La déportation des Afrikaners

GenCronje.jpgSainte-Hélène et la guerre des Boers

 

A partir de 1866, la découverte de gisements aurifères importants au Transvaal, dans la région de Johannesburg, attise les convoitises britanniques et attire de plus en plus de prospecteurs. La politique expansionniste de la Grande-Bretagne fait par ailleurs monter les tensions avec les États boers du Transvaal et d’Orange. En octobre 1899, la guerre est déclarée.

 

D’abord en difficultés, les Britanniques reprennent l’avantage dès février 1900. Piet Cronje (Transvaal) débute le siège de Mafeking tenue par Lord Baden-Powell. A la fin du mois de février, le général boer est néanmoins contraint de se rendre. Il est alors exilé de force à Sainte-Hélène avec 500 prisonniers. En tout, 6000 hommes y seront déportés entre l’année 1900 et la fin de la guerre, en 1902. Le camp de détention se situait à Deadwood Plain près de Longwood, à l’endroit-même où un détachement avait été stationné, à l’époque, pour surveiller Napoléon. Ce fut le premier camp de prisonniers boers en dehors d’Afrique.

 

Cette arrivée massive fait fortement augmenter la population de l’île : elle compte alors près de 10 000 habitants, du jamais vu. Des troubles éclatent bientôt dans le camp de Deadwood entre ceux qui désirent la paix, voire obtenir la nationalité britannique, et ceux qui éprouvent une haine viscérale envers la Grande-Bretagne. Il y a aussi des tensions entre les ressortissants du Transvaal et ceux d’Orange, si bien qu’un autre camp est fondé. Mais c’est surtout l’épidémie de typhoïde qui frappe les esprits : elle emporte 180 personnes. La situation des prisonniers n’est pourtant pas moins enviable que le sort réservé à environ 120 000 civils boers (essentiellement des personnes âgées, des femmes et des enfants restés en Afrique) internés dans des camps de concentration dans des conditions bien plus pénibles.

 

La plupart des prisonniers font preuve d’un comportement pacifique. Nombre d’entre eux sont d’ailleurs employés par les insulaires et s’entendent bien avec eux. Ils peuvent de ce fait quitter leurs camps de détention et contribuer à la brève vague de développement économique qui coïncide avec leur arrivée. Jamestown, capitale de l’île, est devenue pour un temps une bourgade débordante d’activité.

 

Références : O’BEY, S., « Sainte-Hélène, île prison » dans CHEVALLIER, B., DANCOISNE-MARTINEAU, M., LENTZ, Th., Sainte-Hélène, Île de Mémoire, Paris, 2005, pp. 256-262 ; GOSSE, Ph. St. Helena 1502-1938, London, 1938, pp. 337-341 ; voir aussi : Prisonniers et visiteurs.

 

(Illustration : Le Général Cronje et son épouse à Sainte-Hélène, auteur inconnu)

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