23/04/2011

Visiteurs célèbres depuis 1821

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Ils se sont rendus dans l’île après Napoléon

 

Avant le percement du canal de Suez, Sainte-Hélène se trouvait sur la route de l’Orient et constituait une escale habituelle pour les navires britanniques.

 

Quarante ans après Charles Darwin, qui l’avait visitée en 1836, Arthur Rimbaud y fait escale lors de son retour mouvementé des Indes néerlandaises. Il avait servi brièvement dans l’armée coloniale avant de la déserter.

 

En 1880, l’impératrice Eugénie, veuve de Napoléon III, s’y arrête à son tour lors d’un voyage au Zoulouland (Afrique du Sud) où son fils, le Prince impérial, qui s’était engagé dans l’armée britannique, avait trouvé la mort lors d’une escarmouche l’année précédente.

 

Au sein de la famille royale, on compte le Prince Alfred, duc d’Edimbourg, fils de la reine Victoria. En 1947, le Roi Georges VI, la reine et les princesses Elisabeth et Margaret visitent Sainte-Hélène également. Le Prince Andrew s’y est rendu en 1984 – le seul établissement secondaire de l’île porte d’ailleurs son nom – suivi par la Princesse Anne en 2002.

 

Daniel Adriaan De Graaf, Arthur Rimbaud, Sa vie, Son œuvre, Paris, L’Harmattan, 2005, pp. 263-265 ; Bernard Chevallier, Michel Dancoisne-Martineau, Thierry Lentz, Sainte-Hélène, Île de Mémoire, Paris, Fayard, 2005, p. 360.

 

(Illustration : Timbre de Sainte-Hélène à l’effigie du Roi Georges VI)

04/02/2011

La déportation des Afrikaners

GenCronje.jpgSainte-Hélène et la guerre des Boers

 

A partir de 1866, la découverte de gisements aurifères importants au Transvaal, dans la région de Johannesburg, attise les convoitises britanniques et attire de plus en plus de prospecteurs. La politique expansionniste de la Grande-Bretagne fait par ailleurs monter les tensions avec les États boers du Transvaal et d’Orange. En octobre 1899, la guerre est déclarée.

 

D’abord en difficultés, les Britanniques reprennent l’avantage dès février 1900. Piet Cronje (Transvaal) débute le siège de Mafeking tenue par Lord Baden-Powell. A la fin du mois de février, le général boer est néanmoins contraint de se rendre. Il est alors exilé de force à Sainte-Hélène avec 500 prisonniers. En tout, 6000 hommes y seront déportés entre l’année 1900 et la fin de la guerre, en 1902. Le camp de détention se situait à Deadwood Plain près de Longwood, à l’endroit-même où un détachement avait été stationné, à l’époque, pour surveiller Napoléon. Ce fut le premier camp de prisonniers boers en dehors d’Afrique.

 

Cette arrivée massive fait fortement augmenter la population de l’île : elle compte alors près de 10 000 habitants, du jamais vu. Des troubles éclatent bientôt dans le camp de Deadwood entre ceux qui désirent la paix, voire obtenir la nationalité britannique, et ceux qui éprouvent une haine viscérale envers la Grande-Bretagne. Il y a aussi des tensions entre les ressortissants du Transvaal et ceux d’Orange, si bien qu’un autre camp est fondé. Mais c’est surtout l’épidémie de typhoïde qui frappe les esprits : elle emporte 180 personnes. La situation des prisonniers n’est pourtant pas moins enviable que le sort réservé à environ 120 000 civils boers (essentiellement des personnes âgées, des femmes et des enfants restés en Afrique) internés dans des camps de concentration dans des conditions bien plus pénibles.

 

La plupart des prisonniers font preuve d’un comportement pacifique. Nombre d’entre eux sont d’ailleurs employés par les insulaires et s’entendent bien avec eux. Ils peuvent de ce fait quitter leurs camps de détention et contribuer à la brève vague de développement économique qui coïncide avec leur arrivée. Jamestown, capitale de l’île, est devenue pour un temps une bourgade débordante d’activité.

 

Références : O’BEY, S., « Sainte-Hélène, île prison » dans CHEVALLIER, B., DANCOISNE-MARTINEAU, M., LENTZ, Th., Sainte-Hélène, Île de Mémoire, Paris, 2005, pp. 256-262 ; GOSSE, Ph. St. Helena 1502-1938, London, 1938, pp. 337-341 ; voir aussi : Prisonniers et visiteurs.

 

(Illustration : Le Général Cronje et son épouse à Sainte-Hélène, auteur inconnu)

10/02/2010

La Compagnie des Indes Orientales perd ses droits sur Sainte-Hélène

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Sainte-Hélène devient colonie britannique

 

Le Government of India Act de 1833 prévoit qu’en date du 22 avril 1834, Sainte-Hélène cesse d’être gérée par la Compagnie des Indes Orientales pour passer pleinement sous le contrôle du gouvernement de Grande-Bretagne.

 

A partir de cette date, la Compagnie perd tous ses droits sur l’île et les gouverneurs sont nommés par le ministère des colonies. Le lendemain du jour prévu, l’évènement est salué par une salve de canons et l’Union Jack est hissé au mât de Ladder Hill qui domine Jamestown. En pratique, les affaires courantes sont encore gérée, contre payement, par l’ancienne administration jusqu’à ce que débarque le Général George Middlemore au début de 1836.

 

Dès son arrivée à Sainte-Hélène, le nouveau gouverneur Middlemore – de comportement dictatorial – est détesté, mais il répond fidèlement aux exigences de Londres. Suivant le rapport des commissaires Brandreth et Walpole envoyé sur place, il réduit drastiquement la paye des fonctionnaires –  et surtout des militaires – et décide d’augmenter les taxes à l’importation. Considérablement appauvris par cette politique, 120 hommes et des familles entières émigrent au Cap en 1838. Le nouveau pouvoir, conscient du caractère chimérique de l’idée de rendre l’île économiquement viable, la conçoit dorénavant exclusivement comme base militaire.

 

Les causes de ce transfert de pouvoir s’expliquent notamment par le développement de l’idéologie libérale peu encline à tolérer les privilèges commerciaux de la Compagnie. En 1813 déjà, elle avait perdu son monopole dans le commerce des Indes orientales. Elle cèdera d’ailleurs en 1858 tous les pouvoirs politiques, administratifs et militaires, qu’elle détenait en Inde, au gouvernement britannique.

 

Jusqu’au début des années 1830, la Compagnie avait maintenu à Sainte-Hélène une économie fermée et constituait le fournisseur exclusif de tous les biens de consommation, l’acheteur incontournable des produits de l’île et l’acteur politique, social et économique fondamental des lieux. Les navires étrangers nécessitant d’être ravitaillés étaient largement taxés et l’administration locale tolérait que quelques familles seulement, liées par intermariage, se partagent les postes-clés, ce qui générait assurément de nombreux abus, généralement impunis.

 

Dès le début, l’East India Company avait géré l’île dans son unique intérêt, sans se préoccuper de celui des habitants ce qui engendrait régulièrement des tensions, voire des révoltes. Les lieux ne lui rapportaient financièrement rien. Ils ne représentaient en définitive qu’un coût nécessaire pour son commerce en Asie.

 

Le changement de gouvernement à l’île de Sainte-Hélène constitue l’une des pertes de pouvoir et d’influence successives de la Compagnie des Indes Orientales au XIXe siècle qui aboutiront à sa dissolution pure et simple par décret en 1874.

 

Références : DANCOISNE-MARTINEAU, M., « Sainte-Hélène, un aperçu historique » dans CHEVALLIER, B., DANCOISNE-MARTINEAU, M., LENTZ, Th., Sainte-Hélène, Île de Mémoire, Paris, 2005, p. 233 ; GOSSE, Ph. St. Helena 1502-1938, London, 1938, p. 303 ; ROYLE, S., The Company’s Island : St Helena, company colonies and the colonial endeavour, London, 2007, p. 161.

 

(Illustration: Vue de Jamestown, G. W. Mellis, Surveyor-General of the Island, A View of the Upper Part of the Main Street, Jamestown, Londres, 1857)

26/08/2009

L’escale d’un grand scientifique

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La visite de Charles Darwin

Charles Darwin, dont on célèbre le bicentenaire de la naissance cette année, a fait escale à Sainte-Hélène en 1836 à l’occasion de son célèbre voyage autour du monde à bord du HMS Beagle. Pendant son court séjour – six jours seulement – il recueillit une foule d’information au sujet de la faune, de la flore et surtout de la géologie de l’île, la parcourant de l’aube au crépuscule. Curieusement, il ne fit pas mention du wirebird, espèce endémique, et considérait que tous les oiseaux avaient été introduits récemment.

 Darwin fut fort frappé par la pauvreté qui régnait à Sainte-Hélène – touchant surtout les esclaves affranchis – et l’état « scandaleux » de délabrement de Longwood Old House, dernière résidence de Napoléon. Il fut en revanche plus positivement étonné par le caractère anglais voire gallois de certains paysages et ses nombreux cottages. « J’appréciais tellement mes randonnées parmi les rochers et monts de Sainte-Hélène, confie-il dans son journal de voyage, que je me suis senti presque triste le matin du 14 juillet de devoir descendre à Jamestown. Avant midi, j’étais à bord, et le Beagle faisait voile. »

Référence : DARWIN, Ch., Voyage of the Beagle: Part 29 Harvard Classics, Cambridge, Massachusetts, 2004, pp. 512-517.

(Images: Charles Darwin à la fin des années 1830 ; Le HMS Beagle de Charles Darwin)

15/12/2006

Prisonniers et visiteurs

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Vue de James Bay depuis Ladder Hill.

Entre 1900 et 1902, 6000 prisonniers de guerre boers furent déportés à Sainte-Hélène. Ils furent placés dans des camps dont les deux principaux étaient Broad Bottom et Deadwood. Ils pouvaient circuler relativement librement dans l’île et certains parmi eux qui furent employés par les Anglais comme domestiques, boulangers ou encore palefreniers étaient autorisés à résider chez leurs patrons. Cette relative liberté n’a pas empêché certains d’entre eux de tenter de s’évader dans des bateaux de pêche ou d’essayer de rejoindre à la nage des navires étrangers. En mai 1902, une épidémie de typhoïde, maladie alors inconnue dans l’île, est apparue dans les camps boers tuant gardes et prisonniers. Deux monuments sont aujourd’hui dédiés à ceux qui ne revirent plus les terres du Transvaal et d’Orange.

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Le cimetière boer.

« L’île prison » accueillit d’autres prisonniers comme Dinizulu qui fut logé à Maldivia House près de Jamestown. Cet empereur africain fut déporté avec femmes et enfants après la victoire des Anglais sur les Zoulous en 1890. Contrairement à Napoléon et à ses oncles qui constituaient sa suite, ses relations avec les Anglais et les locaux furent excellentes. Il se convertit au christianisme, s’intéressait à la musique, apprit à jouer du piano et se vêtit à l’occidentale.

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Maldivia House

Le fort de High Knoll date de 1894, il est bâti sur le site d’une citadelle construite cent ans plus tôt. Il domine une grande partie de l’île et on peut l’observer de Half Tree Hollow jusqu’à Longwood (si vous êtes observateurs, vous l’avez déjà aperçu sur une autre de mes photos).

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Edmund Halley fut de passage à Sainte-Hélène pour observer les étoiles de l’hémisphère sud. Aujourd’hui encore, il y a un lieu appelé Observatoire de Halley qui offre une vue exceptionnelle en direction de Prosperous Bay Plain, le site du futur aéroport.

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Découvertes du dimanche : Gill Point dans l’est de l’île avec Shore et George islands.

Références : Chevalier, B., Danscoine-Martineau, M., Lentz, Th., Sainte-Hélène, île de mémoire, Paris, 2005 ; Gosse, Ph, St Helena 1502-1938, London, 1938.