31/12/2009

La livre de Sainte-Hélène

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La monnaie de l’île

Sainte-Hélène dispose de sa propre devise: la livre de Sainte-Hélène - Saint Helena Pound. Celle-ci est liée à parité égale avec la livre sterling, qui est aussi acceptée dans l’île. Cette monnaie n'est d'usage qu’à Sainte-Hélène et à l’île de l’Ascension. Elle est difficilement échangeable en dehors de la zone où elle a cours.

Les pièces représentent la faune et la flore des deux îles: la tortue marine et la sterne fuligineuse d'Ascension, Jonathan - la tortue géante de Plantation House -, une fleur d'ébène de Sainte-Hélène... Notons la mention : « COLONY OF ST HELENA » sur la tranche de la pièce d’une livre.

01/10/2009

Le voyage du Joseph et Thérèse à Tristan da Cunha

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L’île du Brabant

En 1775, un certain Guillaume Bolts obtient, au nom de la  « Société impériale asiatique de Trieste », un octroi de l’impératrice Marie-Thérèse pour commercer avec l’Asie. Ce Hollandais, qui avait longuement séjourné en Inde lorsqu’il était au service de la Compagnie des Indes orientales, avait le soutien d’un riche anversois, Charles de Proli ainsi que d’autres marchands de la ville portuaire.

 La même année, il embarque à la tête de la frégate Joseph et Thérèse pour un long voyage : destination l’Afrique de l’est et l’Inde. Après un voyage difficile, l’équipage se réapprovisionne à Rio de Janeiro avant de prendre la direction du Cap de Bonne Espérance. C’est alors qu’ils traversaient l’Océan Atlantique Sud qu’ils aperçurent l’actuel archipel Tristan da Cunha. Les marins du Joseph et Thérèse déclarèrent cette terre propriété de l’empereur et la baptisèrent « île du Brabant ». Le lieu était aride, austère et n’offrait qu’assez peu d’eau potable.

A la suite de cette première expédition, la « Société impériale asiatique de Trieste » reçut la permission de Joseph II de faire des emprunts pour subvenir aux frais d'expéditions nouvelles. Contrairement à la défunte et prospère « Compagnie d’Ostende », celle-ci fut si peu rentable que pour éviter la faillite, Bolts en vendit des parts considérant comme propriété de la compagnie « les établissements » de l’île du Brabant, qui n’existaient finalement que dans son imagination. Vains efforts. En 1785, la « Société impériale asiatique de Trieste » disparut, mais Joseph II continua de considérer l’île du Brabant comme sa propriété personnelle, même si elle ne signifiait rien pour lui. L’île était de nouveau libre de toute véritable prétention…

Pour l'anecdote, il existe aujourd'hui, à l'ouest de la péninsule antarctique, une île Brabant située non loin de l'île Gand, de l'île Anvers et de l'île Liège.

Références: Brander, J., Tristan da Cunha 1502-1902, London, 1940, pp. 49-50 ; Piot, Ch., Histoire des livres, Deux publications inconnues de Guillaume Bolts, dans Bulletin du Bibliophile belge, t. XIII, 2e série, t. IV, Bruxelles, 1857, pp. 81-85 ; Dumont, G. H., Belges d’Outremer, t. 1, Bruxelles, s.d., p. 5.

(Images:  Joseph II  ; Tristan da Cunha)

12/04/2009

João da Nova, découvreur de l’Atlantique Sud

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João da Nova, ses voyages et découvertes

La troisième flotte que le roi de Portugal, Manuel Ier le Fortuné (1495-1521) envoya en Inde en 1501 était dirigée par João da Nova – ou Juan de Nova – navigateur galicien. La même année, il découvrit l’île de l’Ascension qu’il baptisa Conception. Cette île fut revendiquée officiellement par Alphonse d’Albuquerque au nom du Portugal le jour de la fête de l’Ascension 1503, d’où son nom.

Arrivé dans le sous-continent, da Nova y fonda un comptoir à Cannanore. En 1502, après avoir défait une flotte du Zamorin de Calicut, il s’en retourna au Portugal et découvrit une île qu’il baptisa Sainte-Hélène. Avec l’épave de l’un de ses navires, il aurait construit une chapelle qui aurait donné son nom à la vallée qui l’entoure – Chapel Valley –, aujourd’hui connue sous le nom de James Valley.

Da Nova, qui était aussi considéré comme un spécialiste de l’Océan indien équatorial, rentra en conflit avec Albuquerque et Almeida. Décédé à Cochin en 1509, il donna son nom à l’île Juan de Nova – qu’il découvrit également – située dans le canal du Mozambique et actuellement dépendance des Terres australes et antarctiques françaises.

Références : Geneviève Bouchon, « Premières reconnaissances portugaises dans l’Océan indien : L’inscription de Colombo (1501) et la Recherche de Ceylan, » dans Revue d’Histoire Maritime, Rivalités maritimes européennes (XVIe siècle-XIXe siècles), PUPS, Numéro 4, 2005, p. 42 ; Edward Cannan, Churches of the South Atlantic 1502-1991, 1992, pp. 23-28 ; António Henrique de Oliveira Marques, Histoire du Portugal et de son empire colonial, 1998, p. 164.

(Illustration : Gravure représentant l’île de Sainte-Hélène et la vallée de la Chapelle, Jan Huyghen van Linschoten, Amsterdam, 1596)

07/03/2009

De moins en moins de « rockers »

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Le déclin des gorfous de Tristan da Cunha et Gough

Tristan da Cunha et l’île inhabitée de Gough, toutes deux dépendantes du territoire d’outre-mer britannique de Sainte-Hélène, ont perdu environ deux millions de gorfous sauteurs du nord en un demi-siècle. Le nombre de ces « rockers » a diminué de 90% en 130 ans à Tristan da Cunha. Un déclin aussi important a été observé à Gough, en seulement 45 ans. Or, ces îles contiennent plus de 80% de la population mondiale de cette espèce. Les autres individus vivent sur deux îles françaises de l’Océan indien, Saint-Paul et Amsterdam, et déclinent tout aussi rapidement. 

Les causes de ce phénomène restent inconnues à ce jour, mais les changements climatiques et la surpêche en sont les explications probables. Les gorfous sauteurs du sud, que l’on trouve notamment aux Malouines, sont également – dans une moindre mesure – menacés.

The Telegraph, January 15 2009

The Times, January 15 2009

(Photo: The Times, January 15, 2009)